La Chapelle Musicale Reine Elisabeth

01 Jan 2016

Un lieu fermé qui s'est ouvert et mes deux passions, la photographie et la musique!

Lorsque un ami architecte m’a parlé de l’aile de Launoit à La Chappelle Musicale, j’ai tout de suite contacté le service presse afin de leur proposer de réaliser un reportage complet sur La Chapelle Musicale, ce lieu m’a toujours intrigué, et ce que j’en connaissais, comme la plupart des belges, se résumait aux quelques reportages diffusés par la RTBF lors du Concours.

A ce moment là je ne savais pas encore que la volonté de La Chapelle, avec à sa tête, Bernard de Launoit, était d’ouvrir le lieu au public.

J’ai proposé le sujet à plusieurs magazines belges et c’est Aurélie Koch, la rédactrice en chef de Juliette& Victor, qui a tout de suite réagi positivement à cette proposition, d’ailleurs on a fait la couverture du numéro avec le violoncelliste HAN BIN YOON, résidant à La Chapelle qui s’est prêté au jeu avec talent et humour!

Depuis j’ai réalisé d’autres reportages pour La Chapelle Musicale avec grand bonheur. Par exemple j’ai dû réaliser des images pour un club d’affaires où l’on évoquait la musique et l’informatique.

On a apporté un Stradivarius dans mon studio afin de réaliser l’ensemble des images qui constituerait la photo finale avec montages. Instruments, ordinateur et violoniste Vladislava Luchenko.


Erigée en 1939 par la reine Elisabeth de Belgique, la Chapelle Musicale Reine Elisabeth, reconnue mondialement pour la qualité de son enseignement musical,a inauguré en 2015 une nouvelle aile…
Pour une deuxième jeunesse sans fausse note !

Personne ne soupçonnerait l’existence d’une institution internationalement reconnue au bout de cette petite allée, aux abords de Waterloo et de la forêt d’Argenteuil.
Et pourtant, c’est là que la Chapelle Musicale Reine Elisabeth a été construite en 1939 et inaugure aujourd’hui sa nouvelle extension, l’aile « de Launoit » du nom de la famille qui fut le premier soutien d’un projet qui semblait au départ un peu fou, mais qui a donné à la Belgique ses lettres de noblesse en matière musicale.
Car cela fait 75 ans que cette « chapelle » accueille des jeunes prodiges de la musique classique pour leur garantir les cours avec les meilleurs professeurs et les aider à lancer leur carrière.
Et puis, indissociable de cette école prestigieuse, le Concours Reine Elisabeth est un rêve prestigieux que peu de musiciens atteignent…

Dès le départ, la volonté de deux personnes crée une synergie qui concrétisera l’émergence à la fois de la Chapelle et du Concours…
Dans les années 1930, la reine Elisabeth, violoniste passionnée et Eugène Ysaÿe, un des plus grands violonistes et compositeurs de l’époque, décident de créer un concours et une école pour soutenir et valoriser les musiciens prometteurs.
Le comte Paul de Launoit se joint à eux et aide à la concrétisation du projet mettant à leur disposition son terrain.
Le 12 juillet 1939, deux ans après la création du Concours, la Chapelle Musicale est inaugurée…
Elle a pour vocation d’enseigner et d’héberger une douzaine de jeunes prodiges chaque année, et pour une période de trois ans, de s’installer avec les maîtres de leur propre choix.
En 2004, l’organisation est repensée et ce sont désormais des maîtres en résidence invités par la Chapelle qui attirent les jeunes dans six disciplines différentes : chant, violon, piano, violoncelle, alto et musique de chambre.

Aujourd’hui directeur de la Chapelle, Bernard de Launoit est très fier de ce nouveau départ, lui qui s’est retrouvé à la tête de ce chantier complexe et d’envergure.

« En devenant le maître d’ouvrage de ce projet élaboré depuis dix ans, j’ai suivi le chantier de A à Z et j’ai eu la chance de travailler avec des gens très compétents et ouverts à la discussion.
Nous avions tout de suite choisi deux bureaux d’architecture belges spécialisés dans les bâtiments culturels et à haute valeur environnementale (Synergy International et L’Escaut).
Ici, le challenge était de pouvoir construire une extension de toute pièce sur un site classé et jouxtant un bâtiment classé également…
Ce lieu hautement symbolique devait être préservé dans son site naturel, c’est pour cela que nous avons demandé à des architectes paysagistes d’améliorer et de rénover le parc classé (JNC et Jean-Noël Capart) sans oublier l’expertise des équipes de l’entrepreneur Amart.
Tous ces acteurs ont travaillé main dans la main pendant 16 mois pour produire ce que nous avons aujourd’hui : une véritable prouesse technique et esthétique !
Mais le bâtiment ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui sans l’expertise de l’acousticien Rémi Raskin (Capri Acoustique)…

Je voulais le meilleur pour la Chapelle et je n’ai pas été déçu ! Sachez que la qualité du son est exceptionnelle ici, chaque studio de logement est une boîte dans la boîte, c’est-à-dire qu’aucun des murs n’est lié à ceux de la chambre voisine, de telle manière que l’un peut jouer du piano toute la nuit sans réveiller le moins du monde son voisin ! »

Quand on visite les chambres, petites et très modernes, avec un piano au rez et un lit en mezzanine, on a du mal à le croire !
Et puis quand on regarde de plus près, on aperçoit les petits détails qui montrent le niveau de précision des études d’acoustique dans le bâtiment.
Notons par exemple les panneaux perforés que ce soit sur les armoires dans les chambres, ou le long des parois amovibles en chêne dans les studios de concert… jusqu’aux rideaux et au tapis sur le sol des chambres, étudiés pour ne pas trop absorber le sonL’autre aspect mis en avant aujourd’hui est l’insertion professionnelle de ces jeunes qui lancent leur carrière grâce aux nombreux concerts, initiés par la Chapelle à Bruxelles et à travers le monde.

Véritable laboratoire haut de gamme, la Chapelle n’en est pas moins un lieu de vie pour la soixantaine de jeunes qui y vivent ou y séjournent chaque année…
C’était le challenge de Michèle Buchter (MBO) que de rendre cet espace convivial et chaleureux, tout en gardant le lien esthétique avec le bâtiment plus ancien…
« Dans ce lieu vivent des jeunes de toutes les nationalités, de toutes les cultures, il faut donc qu’il répondent aux besoins de chacun.
Nous avons misé sur des teintes sobres mais chaleureuses comme le taupe, en l’alliant au béton lissé du sol et au chêne présent partout.
Les pièces de vie commune sont au sous-sol mais baignent de lumière dans des jeux de transparence, et la grande fresque de l’artiste belge Jean-Luc Moerman qui recouvre le plafond du réfectoire est résolument moderne.
Dans les chambres, j’ai fait en sorte qu’aucune ne se ressemble dans les tons, entre le rouge, le violet…
J’ai adoré voir chaque étudiant remanier sa chambre, changer le piano de place pour s’y trouver comme chez lui ! »

Han Bin Yoon, jeune violoncelliste coréen de 24 ans venu tout droit de Los Angeles en septembre 2014, est installé dans un de ces studios : « J’ai beaucoup de chance d’avoir pu m’installer dans un de ces magnifiques nouveaux studios, j’ai mon propre piano et beaucoup de lumière ce qui en fait une chambre très agréable.
Le son est exceptionnel ici, presque trop parfait pour tout vous dire… Nous avons vraiment les conditions idéales pour nous améliorer tous les jours.
Personnellement je voulais venir ici parce que Gary Hoffman donne cours ici, et c’est le meilleur coach de violoncelle qu’on puisse avoir.
Pour les horaires, nous nous arrangeons entre nous, il vient environ tous les 15 jours ici et il envoie d’abord son assistant avec qui je peux déjà m’entraîner.
Je joue de toute façon entre 6 et 8 heures par jour…
Sans compter les représentations extérieures, les concerts… C’est donc très agréable de pouvoir compter sur des soutiens sur place.
Nous avons une superbe cuisine, et un “Artists Village” qui nous permet de changer d’air et de nous voir quand on veut. On organise des dîners, des sorties aussi.
L’ambiance est sympa ! Moi je ne parle pas bien le français mais tout le monde se débrouille en anglais…
Je suis ravi d’avoir été choisi pour continuer ma formation ici, nous étions énormément à passer des auditions, et je savoure chaque instant… Qui sait combien de temps je pourrai rester ! »
Ni étudiants, ni maîtres, les « résidents » sont triés sur le volet, et reçoivent à leur arrivée un contrat pour un an, renouvelable la plupart du temps chaque année pour une période de trois ans en moyenne.
Pour chaque résident, une année de cours équivaut à 25.000 euros de dépenses.
La Chapelle couvre la moitié de ce montant et l’autre moitié est « sponsorisée » par des mécènes privés ou des entreprises.

Le Concours Reine Elisabeth c’est une très belle reconnaissance dans le monde de la musique, mais pour fonder une carrière sur le long terme, il reste tout à faire…
Avec la Chapelle je peux aussi participer à des master classes organisées à travers le réseau ENOA (European Network of Opera Academies), et donner des concerts à la Chapelle, idéaux pour sentir le public et s’exercer. Par exemple, j’ai chanté pour le concert de gala de la Chapelle le 26 mars, et ça ne fait que commencer puisque la Chapelle fourmille de nouveaux projets dont deux qui m’intéressent : le développement d’un “artist diploma”, sorte d’équivalent européen à la formation professionnelle américaine, et un nouveau statut d’ “Associated Artist” qui permettrait à des musiciens et chanteurs confirmés de rester proche de la Chapelle et de participer à sa vie artistique de manière plus ambitieuse. C’est pour cela que je reste ici, parce que la liberté et l’esprit de travail me conviennent bien, les coachs me comprennent et il y a des projets à concrétiser ! » A l’heure où se concrétise cette nouvelle jeunesse tant attendue, la Chapelle Musicale peut tourner une nouvelle page de son histoire, qui s’annonce dynamique et ouverte au grand public, dans l’esprit de toujours mieux mettre en avant la musique et les musiciens. Un espace qui vivra, on l’espère, encore très longtemps et dont les projets se multiplieront, sans oublier les projets de rénovation de l’ancien bâtiment… et qui sait peut-être un jour, un deuxième agrandissement !

La Chapelle Musicale Reine Elisabeth, Chemin de la chapelle, 1410 Waterloo, tél : 02 352 01 10, site : musicchapel.org.